Mon monde intérieur a ses secrets cachés, il projette ses visions, des points restent dans l’ombre inexpliqués par moi, inexplicables pour l’observateur. J’explore les profondeurs et je pénètre aux tréfonds de mon être au moi le plus intime. Là, le courage est de rechercher la vérité et de la peindre. De petits quelques choses empilés au fond de moi, il est d’enfance, je les cherche à travers la peinture qui est pour moi sourire, soupire, désir et cri. Cette peinture qui est un langage et une façon de voir autrement, et qui sert de symbole pour ce qui ne peut pas être dit avec des mots, me transporte vers un monde bizarre où je trouve la couleur, la vie, l’âme. Ce monde est simple, je peux le construire aussi parfaitement qu’il me plait. Il représente quelque chose d’existant, qui a existé ou qui pourrait exister. Le passé, le présent et l’avenir se mêlent et me tirent en avant en arrière ou me fixent dans le présent.
J’invente comme les enfants l’image qui est une autre réalité, qui est impression et émotions. Les sensations de la couleur sont modelées par mon psychisme, senties et vécues de l’intérieur de moi-même. Je ne dis pas là que je me représente, mais j’affirme que je suis à moi-même mon propre sujet. Ma personnalité apparait et mon travail traduit une rencontre et reste ainsi un produit du hasard. Là, je ne m’échappe jamais à mon enfance, j’en revis des fragments, je vis des projections du Moi non vécu. Ces productions enfantines m’offrent l’image de ma propre enfance et me plongent dans la nostalgie de mes origines. Pourquoi suis-je alors passionnée pour la peinture naïve ? que personnellement je préfère appeler merveilleuse ? peut-être tout simplement parce que soudain j’ai eu faim et soif d’une peinture qui fut exactement le contraire de nos murs gris, une peinture qui ouvre un sentier vers un monde plus fraternel plus chaud plus humain plus essentiel surtout.
Voilà, que mes toiles sont exposées pour que je me livre au jugement d’autrui pour que sous son regard mon travail se détache de moi.